Pour la République Sociale
Editoriaux /
Pendant la crise le combat pour la justice sociale continue
Patatras ! Le plan Paulson voté lors d’une séance de rattrapage du Congrès américain vendredi dernier devait redresser la situation sur les marchés financiers. Trichet, Merkel, Barroso, Joffrin, Sarkozy… tous suppliaient les Etats-Unis d’adopter au plus vite ce plan salvateur pour la finance mondiale. Mais trois jours après la ratification en fanfare du plan Paulson, les Bourses mondiales ont subi la plus forte chute de leur histoire (-9% à Paris).
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Ils sont dépassés
Un à un les coupe-feux mis en place pour arrêter la propagation de l’incendie qui ravage la planète financière ont été emportés. Au printemps 2008, Henri Paulson, ministre américain de l’économie, pensait que la seule évocation du soutien de l'Etat aux géants du prêt hypothécaire Freddie Mac et Fannie Mae suffirait : « L'avantage quand vous avez un bazooka et que les gens le savent, c'est que vous n'avez pas besoin d'en faire usage ». Depuis il a dû se servir de son bazooka en nationalisant Freddie Mac et Fannie Mae. Et cela n’a pas suffi. Après avoir annoncé qu’il n’interviendrait pas davantage, l’Etat américain a pris à sa charge le sauvetage de plus d’une dizaine d’institutions financières parmi les plus importantes et les plus prestigieuses de Wall Street.
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Une chance historique
Avec le dépôt mardi dernier des motions d’orientation soumises au vote des militants, le Congrès du Parti socialiste entre dans sa phase décisive. Bientôt ce sera le tour des Verts, du PCF, du NPA. En neuf mois, du PRG en mai dernier au NPA en janvier prochain, toute la gauche aura tenu Congrès. Elle l’aura fait dans un moment qu’elle n’avait pas prévu : une crise du capitalisme d’une ampleur jamais vue depuis plusieurs décennies. Ce contexte inouï commande tout le reste. Il change le sens de tous nos débats. Il oblige la gauche à parler pour le plus grand nombre, pour la masse désemparée qui subit les coups de la crise et ne peut attendre à l’abri d’un mandat local l’alternance de 2012. Il ramène sur la table parfois encombrée de pinaillages abscons la rude controverse sur ce que la déclaration de principes du PS appelle pudiquement le « rapport critique au capitalisme ». Bref il force à aller à l’essentiel.
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La nuée porte l'orage
Il y a quelques mois, les principaux oracles de la planète financière multipliaient les communiqués lénifiants sur la crise. En mai dernier, Dominique Strauss-Kahn expliquait au Parlement européen : « Il y a de bonnes raisons de penser que les institutions financières ont révélé l'essentiel [des dégâts], surtout aux Etats-Unis. [...] Les pires nouvelles sont donc derrière nous ». Aujourd’hui Alan Greenspan, ancien président de la Réserve Fédérale, la banque centrale américaine, déclare que nous sommes entrés dans « la pire crise financière qu’ait connu le capitalisme depuis un siècle ».
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Piège caucasien
Pour analyser le conflit entre la Géorgie et la Russie, il faut dissiper l’écran de fumée médiatique et la mise en scène du tyran russe agressant la « petite démocratie » géorgienne. Car qui est l’agresseur ? L’attaque (dirigée notamment contre des soldats russes en mission de la paix, dont plusieurs dizaines seront tués) a été lancée par le président géorgien. Quant à la démocratie, Saakachvili en a une curieuse conception. Il a convoqué la dernière élection présidentielle le lendemain de la déclaration de l’état d’urgence, après que les forces spéciales aient pris le contrôle de la première télévision du pays, puis que le pouvoir ait interdit d’antenne les médias privés. Même les observateurs étrangers les mieux disposés constatent à chaque élection des irrégularités importantes. A choisir, la Russie est plus conforme aux canons démocratiques…
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Bourses mondiales : un été chaud
Lundi dernier, le gouvernement américain a annoncé un plan de sauvetage des deux principales sociétés américaines de refinancement immobilier. Il était temps. Fannie Mae et Freddie Mac ont chuté de plus de 85 % en Bourse depuis le début de la crise des subprimes. Ces derniers jours la glissade est devenue chute libre car des doutes sérieux sont apparus sur leur capacité à faire face aux défauts de paiement qui touchent de nombreux ménages. Or ces deux sociétés détiennent plus de 40% du crédit immobilier américain, ce qui représente 5 300 milliards de dollars de créances, plus d’un tiers du PIB américain. Leur effondrement aurait donc un impact gigantesque.
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Tant de travail !
L’adoption en première lecture par l’Assemblée Nationale du projet de loi sur la réforme du temps de travail dans la nuit de lundi à mardi ouvre la voie à l’une des plus lourdes régressions sociales mises en œuvre par ce gouvernement.
Celle-ci frappe par l’étendue des victimes. Les cadres, notamment, qui pouvaient parfois se croire protégés par la droite, sont en plein dans le collimateur. Et en particulier tous ceux qui sont au « forfait jours » (c’est-à-dire ceux dont on estime qu’il est impossible de compter ou de limiter leur temps de travail horaire, qui bénéficient à la place d’une limitation du nombre de jours travaillés par an).
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Pendant la crise politique, la droite continue d’avancer
Attention l’effet d’optique peut être dangereux. Certes il ne se passe pas de semaine sans que le pouvoir en place ne donne des signes stupéfiants de fragilité politique. Les sondages, qui créent le climat politique plus qu’ils ne le mesurent, sont désastreux pour Sarkozy. Le groupe UMP du Sénat taille chaque jour en pièces le travail du groupe UMP de l’Assemblée nationale sur le projet de réforme des institutions qu’ils sont censés adopter dans les mêmes termes d’ici un mois seulement. Les relations entre le président de la République et le Premier Ministre s’installent dans une franche hostilité tandis que le bruit des couteaux que l’on aiguise emplit les couloirs de l’UMP. A l’évidence les institutions du pays ne fonctionnent pas normalement. La crise politique campe fermement au cœur du régime. Mais dans le même temps, la droite avance et marque sans cesse des points sur ses objectifs essentiels.
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Le plan D
La gifle du « non » irlandais arrêtera-t-elle la course folle d’une construction européenne qui semble avoir décidé de se passer du peuple ? Il faut le souhaiter avec la plus grande force et tout faire pour qu’il en soit ainsi.
Pas un des arguments qui visent à priver d’effet le « non » irlandais n’est acceptable. Les Irlandais étaient seuls à voter ? Ce ne sont pas eux qui l’ont voulu mais les chefs d’Etat européens qui ont refusé de consulter leurs peuples par référendum. De quel droit les 26, après s’être entendus pour refuser de donner la parole à leurs citoyens, pourraient en priver l’Irlande ?
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Une feuille de route socialiste
La confrontation sociale aligne défis et rendez-vous. CGT et CFDT montent le ton suite à la remise en cause des 35 heures. Sarkozy provoque le mouvement de l’Education nationale avec une nouvelle série d’annonces. Les grèves pour les salaires se multiplient dans le privé. Marins pêcheurs, routiers et agriculteurs se mobilisent à leur tour. … et cela ne change rien dans le principal parti de gauche. C’est au contraire dans ce contexte de rejet des politiques libérales que d’éminents dirigeants du PS proclament leur affection pour le libéralisme et c’est pendant que la gauche sociale est dans la rue que le Congrès socialiste se prépare sous le signe du « coup de barre à droite ».
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L’autre réforme
Bien sûr il faut changer ces institutions. Tous les indicateurs de la crise politique française sont bloqués dans le rouge. Et la répétition inlassable des mêmes symptômes par delà les alternances, même remportées dernièrement au nom de la rupture, montre que la Cinquième République pèse sur les législatures successives comme un carcan inadapté à notre temps. Le problème, c’est que Nicolas Sarkozy cherche à réformer la Constitution dans un sens qui ne règlerait aucun facteur de crise et les aggraverait tous.
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Entre les lignes
Ce lundi, Libération consacre un article à plusieurs manifestations de Chinois en défense de leur pays. Il signale que Pékin a exigé des excuses de la chaîne américaine CNN après des remarques "jugées offensantes" d'un de ses commentateurs "qui avait qualifié les exportations chinoises de 'camelote avec de la peinture au plomb'". Mais en réalité la journaliste ne cite qu'une toute petite partie des propos du chroniqueur de CNN, un dénommé Cafferty, et n'en reprend que les éléments les plus anodins. Car entre autres choses, Cafferty a déclaré à l'antenne que les Chinois d'aujourd'hui n'avaient pas cessé d'être "la même bande de casseurs et de voyous que pendant ces cinquante dernières années". Cet "oubli" occulte la montée des discours anti-chinois aux Etats-Unis. Celle-ci doit pourtant être prise très au sérieux si l'on veut faire une analyse raisonnée des enjeux de la tension créée actuellement avec la Chine.
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Une tragédie italienne
Un désastre. La gauche italienne a été écrasée par Berlusconi. A l'heure de notre bouclage, les résultats quasi définitifs donnés par le ministère de l'intérieur sont hélas sans appel. Au Sénat comme à la Chambre des députés, la coalition de droite obtient 47 % des voix contre 38 % à celle du Parti Démocrate. Une avance de 10 points ! Dès lors la droite obtient la majorité absolue dans les deux chambres, ce dont beaucoup doutaient à la veille du vote. Berlusconi, premier chef de gouvernement italien à avoir fait un mandat entier, est placé pour cinq ans à la tête du pays. Avec la xénophobe Ligue du Nord qui double son score au sein de la coalition majoritaire.
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Une stratégie made in America
Combien de gadgets et d'attrape-gogos dans la longue liste des 166 mesures présentées par Nicolas Sarkozy pour soi-disant faire des économies et réformer l'Etat ? Un bon nombre, assurément. Notons pour commencer qu'ils ne sont même pas d'accord entre eux sur le montant des économies à en attendre : de 5 milliards selon Accoyer à 8 selon Arthuis, presque du simple au double selon qui en parle !
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La France alignée
Une fois de plus, le « people » aura servi à masquer l’essentiel. Un épais rideau de fumée a entouré la visite de Sarkozy à Londres : suspense haletant autour de la présentation du couple présidentiel à la Reine, pages entières sur l’étiquette de la cour, la révérence de la femme du président disséquée sous toutes ses coutures… Au point que l’enjeu essentiel de ce déplacement a failli être passé sous silence. Et que l’on peut craindre qu’il soit resté inaperçu pour le plus grand nombre. Sarkozy a pourtant annoncé à Londres un tournant majeur dans la politique extérieure de la France. Le tout sans qu’aucun débat public n’ait été organisé dans notre pays.
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Contre-sens
Tous les indicateurs de l’état d’urgence mondial sont au rouge. En France, le résultat des dernières élections municipales et cantonales rappelle à la fois la fragilité du pouvoir et l’instabilité politique du pays. Mais alors que les profondeurs renâclent, les sommets n’ont qu’une réponse : continuer comme avant. Jusqu’à quand ?
Serait-ce le scénario de 2004 qui recommence ? Cette année-là la gauche avait triomphé aux régionales en emportant 20 régions sur 22. La droite au pouvoir n’avait rien changé à sa politique, laissant pourrir une crise politique qui permit à Nicolas Sarkozy d’arracher le leadership défaillant des mains d’un Chirac usé jusqu’à la corde. Certains à droite en auraient-ils tiré la conclusion que la droite peut gouverner durablement contre la majorité du peuple sans que l’opposition de gauche ne parvienne pour autant à la renverser ?
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Le bon cap malgré les sirènes
Attention : l’analyse des résultats d’une élection est un moment de la bataille politique elle-même. Faute de produire un discours clair et cohérent sur le scrutin de dimanche dernier, la gauche risque de laisser noyer l’enjeu du second tour dans la confusion des commentaires médiatiques plus ou moins inspirés par le pouvoir. Avec le danger, au bout du bout, que soit réduite à néant la signification politique de ce qui constitue pourtant le premier rendez-vous électoral pour le nouveau pouvoir.
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La question sociale est de retour pour tout le monde
Inutile de chercher un quelconque complot dans l’invraisemblable succession de ratages et provocations présidentiels des derniers jours. Il y a tout simplement le feu à la maison Sarkozy. Bien sûr, à deux semaines des municipales et cantonales, peu de dirigeants UMP choisiront en kamikazes de désavouer publiquement le président de la République et sa politique. Mais on constate que tous les candidats de droite aux élections s’efforcent de se tenir à bonne distance de lui. Le symbole de la victoire de 2007 est devenu porte-poisse.
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Les fauteurs de guerre
Kouchner nous sert un conte de fées. « Il ne faut pas prendre au tragique » la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo, « ce n’est pas une défaite pour la Serbie ». « Souhaitons bonne chance au Kosovo » car « on verra bien ce que ça va donner » (sic). L’irresponsable lâche tout de même que la réconciliation entre serbes et kosovars prendrait « plusieurs générations ». Hélas la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo suite à une déclaration unilatérale est un grave précédent pour la paix dans le monde et un encouragement à de nouveaux conflits sur la planète.
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Election sanction !
Il a suffi de la perspective d’une défaite aux élections municipales et cantonales dans un mois pour que la « machine Sarkozy » se mette à prendre l’eau de toutes parts.
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