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Pour la République Sociale
Pour la République Sociale
Le blog de Jean-Luc Mélenchon
Pour la République Sociale Face à la droite
 Auteur : François Delapierre
Election sanction !

Il a suffi de la perspective d’une défaite aux élections municipales et cantonales dans un mois pour que la « machine Sarkozy » se mette à prendre l’eau de toutes parts.


Huit mois après une présidentielle triomphale, la droite est en rébellion quasiment ouverte contre son champion officiel. Le gouvernement s’entre-déchire, la majorité parlementaire fait la grève du vote. Et le pouvoir est contraint de renoncer spectaculairement à plusieurs de ses objectifs. Qu’est-ce que cela serait alors au lendemain d’une défaite électorale subie pour de bon au fond des urnes !

En tout cas, les chauffeurs de taxi peuvent déjà dire merci à la gauche. Les fonctionnaires aussi. Et les titulaires du minimum vieillesse également. Coup sur coup, Sarkozy vient en effet de procéder à de spectaculaires rétropédalages pour chercher à reconquérir l’électorat qui se détourne de lui parce qu’il rejette sa politique.

Bien sûr, Sarkozy n’oublie pas ses clientèles. Bien sûr, le gouvernement réagit aussi par une nouvelle relance de sa politique sécuritaire : multiples visites de commissariats, plan banlieue axé sur la répression policière… jusqu’aux orpailleurs clandestins que Sarkozy s’apprête à pourchasser au cœur de la jungle guyanaise. Bien sûr, l’orientation du gouvernement n’est pas mise en cause par ces annonces. Sur l’essentiel rien ne change. Mais soudain, un peu de soleil a frappé les réprouvés. Et le président découvre dans la cabine de pilotage l’existence d’une marche arrière.

Les caisses sont vides ? Plus maintenant ! Les fonctionnaires, pour lesquels le gouvernement excluait toute hausse générale des traitements, auront enfin le droit à une augmentation du point d’indice. Le minimum vieillesse, que Sarkozy avait promis d’augmenter de 25% et qu’il n’avait finalement réévalué que de 1,1% aura aussi son coup de pouce. Pour être bien sûr que la mesure produise ses effets (électoraux) à la veille des municipales et des cantonales, Sarkozy a même annoncé une prime de 200€ en guise « d’avance ».

Sarkozy avait promis d’appliquer « toutes » les propositions du rapport Attali (rebaptisé rapport « Attila » par Denis Sieffert, le directeur de Politis, car là où il passe les acquis sociaux ne repoussent pas) ? Finalement, le pouvoir s’empresse de le mettre sous la table.

Tout ceci ne fait pas la maille, me direz-vous. C’est sûr. Donc il faut continuer ! A chaque ville et chaque canton que la droite craint de perdre, le gouvernement lâche du lest. Et il reste beaucoup à lâcher : les franchises médicales par exemple, ou encore un engagement clair à renoncer à la TVA sociale qui sommeille toujours dans son placard en attendant le lendemain des élections. Sans parler du SMIC ou des postes dans l’éducation nationale. Il y a tant à lâcher pour soulager la grande masse de ceux qui galèrent. Du coup, il paraît que nos « partenaires européens » deviennent nerveux. On le serait à moins. Ils ont obtenu que la France s’engage à ne pas consulter son peuple par référendum (comme l’a confirmé Sarkozy à la télévision dimanche dernier). Ce n’est pas pour qu’elle cède à ses exigences sociales quelques semaines plus tard.

Ceux qui à gauche pensaient trouver leur salut électoral dans l’affirmation du caractère localo-local de l’élection sur fond de dépassement du clivage gauche-droite ont intérêt à se reprendre. La gauche l’emportera si elle fait de cette élection un référendum contre la politique de Sarkozy. En faisant clairement campagne contre la politique de la droite, elle permettra aux électeurs floués de se faire entendre. Rien ne serait pire à l’inverse que de rendre le vote sanction impossible en engluant ces élections dans la dépolitisation, les combinaisons avec le Modem et les ruptures répétées de l’union de la gauche.

PRS est une association qui de part ses statuts ne soutient aucun candidat et aucune liste. Mais nous ne resterons pas pour autant spectateurs. Sans compter tous les militants engagés personnellement dans une confrontation électorale, nous venons de lancer une campagne pour le vote à gauche contre Sarkozy. L’affiche est prête. Elle est à la disposition de tous ceux, candidats ou non, qui veulent se saisir de cette occasion de sanctionner le pouvoir.

Car dans l’hypothèse d’une sanction électorale, nous savons la fragilité du pouvoir en place. La « solution » Sarkozy à la crise de la droite est extrêmement vulnérable. Elle repose d’une part sur l’absence d’opposition. Elle réclame d’autre part sans cesse des victoires pour conforter la soumission de la droite à l’autorité personnelle de son chef. Bonaparte ne peut pas se permettre de perdre une bataille. D’autant qu’après avoir organisé un régime de pouvoir personnel, Sarkozy a perdu le bénéfice des fusibles habituels ou d’une retraite commode « au-dessus de la mêlée ». Un seul coup bien ajusté peut donc atteindre la cabine de pilotage et bloquer la machine. Un coup que seul le peuple a les moyens de porter.


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